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Façon d'écrire


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 Sujet du message: Façon d'écrire
MessagePublié: 18 Sep 2004, 00:35 
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Saphirin
Saphirin

Inscription: 31 Août 2004, 09:29
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Bonjour Mathieu,

pourrais-tu m'expliquer comment tu t'y prends quand tu écris ?
Je veux dire :
- écris-tu d'un jet une page, un chapitre, un livre, puis tu te relis ?
- si tu te relis, apportes-tu beaucoup de modifications par rapport à ton premier jet ?
- écris-tu spontanément ou médites-tu longuement chaque phrase pour en peser le rythme, la sonorité... ?
- as-tu des astuces d'écriture ? des petits trucs perso comme : c'est une scène de combat, je fais des phrases courtes. C'est une scène d'amour, je vais taper dans un champ lexical particulier et volontairement.

En bref, es-tu plutôt tourné vers les idées et tu fais confiance à ton "feeling" pour que ça coule, ou passes-tu aussi beaucoup de temps à réflechir au style employé ?


Merci d'avance.

_________________
Par un de ces matins gelés où les brumes vaporeuses rampent sous les bosquets, dans la clarté diaphane d'un soleil hivernal je l'ai aperçue, cette fée, aussi belle qu'une ondée, glissant sur les eaux, sans vagues ni remous ...


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 Sujet du message: écriture
MessagePublié: 18 Sep 2004, 01:22 
Salut Eric,

Primo : j'écris à fleur de peau. Non pas que j'utilise ou que je réagisse à des émotions concrètes pour susciter l'envie d'écrire mais je ne peux écrire que des choses que je sens. Et dans "sentir", je mets presque tout :D et en particulier la sincèrité. Je n'ai jamais écris une ligne sans être sincère (parfois avec maladresse mais c'est aussi grâce à cela qu'un auteur se construit, on le dit jamais assez).
J'écris toujours dans l'urgence.
J'écris généralement deux ou trois pages par jour (page word). Lorsque j'ai plusieurs chapitres, je les imprime et je les relis. Moment douloureux, moment où les page saignent tant que je les barbouille de rouge :shock:
J'écris spontanément. Je ne médites jamais mes phrases pour en peser le rythme ou la sonorité. Toutefois, (et ma femme en rit toujours), je murmure souvent les phrases que j'écris. Et je les relis parfois à voix haute pour les éprouver. C'est une sorte de post-méditation orale :oops:

Des astuces d'écriture ? Aucune. Ou pas consciemment en tout cas. Tu cites l'exemple d'un combat. Je crois que le style s'adapte naturellement à la scène sans avoir besoin de forcer la musique des mots. Non, très honnêtement, je n'utilises pas d'astuce. Je devrais peut-être :wink:

Donc, oui, je fais confiance au feeling. Totalement confiance. Dès lors qu'on peut écrire de manière à peu près décente, je crois que le style se forge de lui-même. J'en reviens toujours au bouquin de S. King sur l'écriture. Il parle des idées "fossiles", ces idées qu'on découvre en soi avec la sensation qu'elles ont toujours été là, qu'il suffisait de "creuser" un peu pour les mettre à jour.
Je crois que pour le style, c'est un peu la même chose. Il est en nous depuis longtemps, il suffit de le perfectionner en écrivant. La règle est simple, de toute façon : on écrit mieux à force d'écrire. Et de lire aussi.

Bien amicalement

Mathieu G.


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 Sujet du message:
MessagePublié: 18 Sep 2004, 10:07 
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Costume du Masque
Costume du Masque

Inscription: 28 Mars 2004, 00:24
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Il faudra que je pense à récupérer l'intéressante discussion entre Mathieu et Fabrice (Colin) parue dans le défunt Ozymandias... une très jolie opposition entre deux styles de travail chez des auteurs qui, pourtant, ont réussi à produire ensemble un très bon bouquin - le meilleur, me disait un ami qui n'est fan ni de l'un, ni de l'autre...


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 Sujet du message: de l'écrit à l'oral
MessagePublié: 18 Sep 2004, 11:07 
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Saphirin
Saphirin

Inscription: 31 Août 2004, 09:29
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Localisation: Paris
Bonjour,

et avant tout, merci pour ta réponse, franche Mathieu.
Thabanne, la discussion à laquelle tu fais allusion m'intéresse évidemment...

Dans le prolongement de ma première question, je me demandais si un écrivain parle un peu comme il écrit ?
Quand tu t'exprimes au quotidien, Mathieu, parles-tu avec la poésie de tes livres ? En fait, la question pourrait être plus large.
Elle pourrait être :
portes-tu une veste d'écrivain, une sorte de costume magique qui te consacre auteur quand tu l'endosses, et le reste du temps, tu demeures assez loin des idées qui foisonnent dans ta tête ?

Sans aller jusqu'à parler de double personnalité ou de mister Hyde, je voulais savoir jusqu'à quel point le métier d'écrivain déborde sur le quotidien et la façon de se comporter.

Je m'exprime sûrement maladroitement. Je me doute qu'il ne doit pas y avoir de clivage entre la vie de tous les jours et une pareille profession, que l'on apporte sa personnalité au "travail", et que le travail marque inévitablement notre personnalité. Ma question serait donc plutôt : dans quelle mesure ?


Merci d'avance.

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 Sujet du message: Re: de l'écrit à l'oral
MessagePublié: 18 Sep 2004, 11:07 
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Saphirin
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:?:

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Dernière édition par eric le 04 Jan 2005, 15:41, édité 2 fois.

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 Sujet du message: mathieu
MessagePublié: 20 Sep 2004, 17:22 
Hello Eric,

Il y a bien évidemment des passerelles entre l'auteur et ses bouquins. Une somme de "petits agencements" qui font la substance d'un imaginaire, qui incarne vos fantasmes et vos angoisses et qui rejaillit d'une manière ou d'une autre en travers des pages.
A la ville, je suis un auteur. Je ne sais pas jusqu'où la perméabilité entre l'imaginaire et l'auteur peut aller mais je sais que l'un et l'autre se confondent sans cesse. La solitude engendrée par l'exercice de l'écriture devient par moment un véritable sacerdoce.
J'ai longtemps cru, par fausse modestie, que le terme '"artiste" était usurpé pour un auteur comme moi. J'ai voulu croire que j'étais un artisan mais si l'expérience m'a enseigné quelque chose, c'est que ce mot, artiste, a bien un sens.
Ecorché vif, sensible... peu importe ce qui fait l'artiste. L'important, c'est qu'il l'est. L'accepter est important. L'accepter veut dire l'assumer. Assumer cette solitude, assumer ces angoisses et ces fantasmes... Tout, ou presque, fait fonctionner l'écriture. Principe de vases communiquants, bien entendu. Le soir, par exemple, je suis souvent différent en fonction du travail accompli. Ma femme en parlerait mieux que moi. Rien de pire que des pages ratés ou qu'un manque d'inspiration. Je peux devenir irascible, silencieux... bref, foncièrement désagréable :oops:
On vit comme on peut lorsqu'on est écrivain. Chacun a son moteur pour écrire mais on en revient toujours à cette même sincérité qui inspire ou non votre vie et votre création. Etre sincère, c'est se mettre en danger.
Tout est là.
Chaque matin, j'ai peur quand je me mets à écrire. J'ai peur donc je suis, j'ai peur donc j'écris, un truc dans le genre :wink:

Tu me demandes dans quelle mesure la personnalité et le travail se confondent. A bien y réfléchir, j'ai la certitude que l'un et l'autre sont intimement liés mais qu'on est moins soumis au propos de son imaginaire qu'aux fondements même du processus créatif. C'est la fonction même de l'artiste qui est en jeu et qui lie votre travail à votre personnalité. On se doute que je ne me ballade pas en costume de chevalier ou que je me lève chaque matin en imitant le réveil d'un lutin au coeur de Lorgol :shock:
C'est dur de créer tous les jours. Faut être convaincu de plein de choses pour y parvenir. En tout cas, il faut être un artiste (bon ou mauvais, on s'en fout). Ce n'est pas un métier, c'est peut être un état mais ca ne s'apprend pas. Du moins, de ce que j'en ai vu.

Je ne suis pas certain d'avoir répondu à ta question mais j'ai essayé :D

Sincèrement

Mathieu G.


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 Sujet du message: merci
MessagePublié: 20 Sep 2004, 22:04 
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Saphirin
Saphirin

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Merci Mathieu pour ta franchise.

ce que je vais écrire risque de paraître un peu déplacé, mais j'ai l'habitude de dire -et d'écrire- ce que je pense.

Ta réponse a fait écho à la Star Académie. :roll:
Je m'explique.

Ces élèves, pour certains bourrés de talent - je veux dire, techniquement parlant- se sont tous vu reprocher de ne pas assez s'exposer. Ils chantent juste, sourient au publique, bougent assez bien. Mais la plupart du temps, à les écouter, on ressent autant d’émotions que dans la salle d’attente de son généraliste, à fredonner inconsciemment la musique de chambre qui accompagne la lecture distraite des magasines éparpillés sur la petite table basse de ce décor sans âme.

Car, ce qui motive la lecture d’un livre, tout comme pour un film, c’est l’émotion qui s’en dégage. Et cette émotion, elle ne s’extirpe pas du papier par magie, tel un élémental de vélin qui se hisserait hors de sa page par la seule force de ces bras. Non, il faut voir le papier comme un buvard, une éponge, qui absorbe les frissons d’excitation de celui qui vient s’épancher dessus. A ce titre, l’imaginaire est un formidable support, puisqu’à travers lui, c’est au monde du symbolisme que l’on touche. L’amour devient rouge, épée forgée ou lave bouillonnante. Le lutin représente la légèreté de l’enfance, l’ogre, le gros balourd bienveillant qui nous protégeait dans la cour de récréation, quand le gang adverse venait nous terroriser jusque dans les buissons donnant sur la rue.

L’émotion nous scotche aux pages. Elle nous renvoie à nos expériences personnelles, et donc, rend les faits crédibles et fascinants ; fascinants, parce que ce qu’est en train de ressentir le personnage, nous l’avons aussi ressenti un jour ou l’autre. Et de fait, ce personnage, c’est un peu nous, ou du moins, ce que nous aurions pu être.
Mais l’émotion ne suffit pas. Pour écrire un bon livre il faut de l’inspiration. Elle est le moyen qui permet à l’auteur de cueillir l’émotion qui gît au fond de lui pour aller la déposer sur le papier. Etre heureux, et dire : « je suis content », ne suffit pas. Si l’intellect aime bien la clarté, il a aussi besoin de défis, de chemins détournés. Un bon scénario motive donc la lecture. Ne pas savoir ce qui va arriver, mais essayer de le deviner. Ce n’est pas pour rien que les policiers rencontrent un tel succès.

L’écrivain essaie donc à mettre un maximum de charge émotionnelle dans ses pages, et pour y arriver, il utilise son inspiration. C’est ce transfert, cet écoulement de l’esprit d’un homme vers un support durable, que l’on appel véritablement art. Peintres, compositeurs, écrivains, tous suivent cette voie enchanteresse. Alors, on observe, tel un impressionniste qui se remplit de la magie du monde, puis on souffre, on comprime son esprit, sueur au front, pour en extirper ce qui a mis tant de temps pour y rentrer. Ca fait mal d’abattre nos précieuses barrières, celles qui nous protègent du fiel des autres. Mais, une fois nu, quel plaisir formidable que de pouvoir se sentir un élément à part entière du monde qui nous entoure. Je trouve que M.Z.Bradley exprime très bien cette idée à travers les barrières mentales que tout bon télépathe se doit de maîtriser. S’exposer, risquer, risquer ce que l’on a de plus précieux en exposant son âme, sans cage en verre, sans même un garde du corps ( ou de l’âme).

Voilà, je voulais simplement dire que je comprends tout à fait ta réponse.
Continue à souffrir pour notre plus grand plaisir, petit danseur écartelé, torturé par un obscurantiste qui n’est autre que lui-même ! :evil: C’est ça le drame des grands hommes. Ils ne peuvent qu’avoir l’esprit de sacrifice. D’ailleurs, tu le prouves en répondant à mes questions. Je ne crois pas que tu te donnes la peine de répondre à nos posts pour gonfler les ventes de tes livres. Non, ta générosité et ta sincérité sont évidentes.


Au risque de me répéter -mais ne viens-je pas de dire qu’il fallait prendre des risques ?- merci Mathieu.


Eric.

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Dernière édition par eric le 25 Sep 2004, 00:23, édité 1 fois.

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 Sujet du message: merci
MessagePublié: 25 Sep 2004, 00:10 
Salut Eric,

Un grand merci.
Ton message est précieux et fort touchant.

Sincèrement

Mathieu.


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 Sujet du message:
MessagePublié: 02 Nov 2004, 01:10 
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Azurin
Azurin

Inscription: 31 Août 2004, 12:38
Messages: 16
C'est marrant je retrouves tout a fait dans ces lignes le Mathieu avec qui j'avais parlé.

Tu portes ta sincérité sur ton visage Mathieu, c'est une grande force.

Bref ce topic ne fait que conforter l'idée que j'avais de Mathieu. Travailler dans l'urgence, enfin quelqu'un qui me comprends :wink:

_________________
Si la guerre est intolerable dans le monde réel, elle est importante dans l'eroic fantasy, car personne n'y meurt vraiment :)


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MessagePublié: 02 Nov 2004, 17:26 
Bonjour,

En lisant ce sujet j'ai eu plusieurs questions :
- Lorsque tu écris (pardon, mais dire vous à l'écrit sur un forum c'est assez perturbant, alors excuse (sic, encore!) ma familiarité épistolaire) un chapitre, as-tu déjà rédigé le plan? En combien de lignes? Parce que pour ma part (je ne suis pas un auteur, j'écris pour me faire plaisir et m'évader), je n'y arrive pas. Les personnages s'emparent de l'histoire et me construisent l'intrigue, et/ou inexpliquablement la mayonnaise ne prend pas malgré un acharnement de tâcheron et des lignes de scénario bien ficelées. Le style cafouille, et lorsque je me relis je grince des dents en grommelant des insanités (très désagréables au demeurant pour mon entourage) :roll: .
- as-tu un système pour la description des lieux? Combien de lignes sont nécessaires?
- y a t'il des règles dans l'écriture? Parce que la méthodologie sur le sujet n'est pas abondante...

Je te remercie d'avance. Bon courage pour la suite. Toute ma sympathie à ta petite femme, ce doit être dur de gérer un auteur en pleine création :wink:


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 Sujet du message:
MessagePublié: 03 Nov 2004, 20:55 
Salut... invité,

Pour ma part, je fais un plan pour mieux le détruire. Autrement dit, je trace une ligne droite avec un début et une fin qui me permet d'avoir une idée générale de l'intrigue puis, au fur et à mesure de l'écriture, je m'emploie joyeusement à la tordre et à serpenter autour de la ligne en fonction de ce que dictent mes personnages.
Je suis comme toi en la matière. Ce sont les personnages qui font l'histoire lorsqu'on est confronté, dans l'instant, à l'intrigue et à l'écriture. Pour moi, c'est la seule façon de travailler parce qu'elle fait la part belle à une improvisation sincère suscitée par une réaction très épidermique des personnages par rapport à une situation donnée.
Bref, ils font ce qu'ils veulent et moi, je cours derrière eux :p

Il n'existe pas de système d'écriture et encore moins de modèle pour une description d'un lieu. A ceci près sans doute qu'il faut bien souvent se méfier du côté démiurge ou omniscient. Autrement dit, ne pas vouloir tout décrire. Surtout pas, dirai-je. S'emparer de l'essentiel, focaliser sur un ou deux points importants qui font l'intérêt de la description en fonction de tes personnages et de ton intrigue. Cela, bien évidemment, se nuance. Par exemple, rien de tel qu'une description à travers les yeux d'un personnage. Son regard subjectif permet d'appréhender ta description à travers des détails ou des éléments saillants qui parlent à ce personnage. Ce n'est plus une description détachée, ou même parfois un peu glacante. C'est une interprétation de l'espace. Et c'est bien là ce qu'on nous demande ;)
C'est un moyen comme un autre. Il en existe plein d'autres. Au final, je ne vois que ce piège-là : vouloir TROP décrire.

La seule règle d'écriture que je connaisse et que je préconise, c'est celle qui consiste à lire les autres. On n'a pas trouvé mieux. Je ne parle pas d'une analyse de texte, je parle simplement d'une imprégnation, bien souvent invisible, qui vient en lisant. Des phrases, des mots... On les accumule, on les digère et au final, qu'on le veuille ou non, on se forge son propre style.
Il y a peut-être cela aussi : on apprend en écrivant. L'écriture est empirique. Plus on écrit, mieux on se porte et mieux on détermine ses qualités et ses défauts.

C'est un peu court mais, très franchement, il faut "vivre" l'écriture pour en apprendre le meilleur.

Sincèrement

Mathieu G.


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 Sujet du message:
MessagePublié: 04 Nov 2004, 20:45 
Désolée pour invité mais je n'avais pas réussi à m'inscrire, ça cafouillait et franchement, je ne suis pas la plus patiente des filles (sic...) :(

Merci de m'avoir répondu si promptement, et surtout si gentiment. Je sais qu'il est difficile de décrire son travail, c'est précisément pourquoi je n'aime pas faire lire à mes proches ce que j'écris. Ce serait un peu violer mon jardin secret. Et puis, avouons-le, j'ai peur des critiques, même positives (est ce qu'il ment, est-il sincère, bref, l'horreur!)

Néanmoins, j'ai encore (hé oui) des questions. Sur un point des Crépusculaires. Un seul. Et c'est pourquoi je ne vais pas sur le forum consacré parce que je voulais un indice. Dans l'histoire d'Agone, la lumière est une des clés du monde. Ainsi que le mouvement. Sur le coup, lors de la lecture, prise par l'intrigue, ça ne m'a pas frappée. Pourquoi la lumière, ou son absence? Pourquoi en général le mal est il obscur et le bien lumineux? N'y a t'il pas dans le monde des "méchants" lumineux? (cette question étant purement théorique) Et qu'est ce qui t'a poussé à construire autour de cette idée?

Merci encore de cette réponse précédente qui m'a ravie. :D

A bientôt j'espère


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 Sujet du message:
MessagePublié: 09 Nov 2004, 13:43 
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Saphirin
Saphirin

Inscription: 31 Août 2004, 09:29
Messages: 35
Localisation: Paris
Merci Mathieu pour tes explications.

Je n'avais jamais fait attention au point de vue adopté dans les descriptions. Le concept de description subjective est du pain béni. Je ne sais pas si c'est quelque chose que l'on aborde dans des études littéraires, mais pour ma part, je n’en avais jamais entendu parler.

J’ai toujours eu à cœur de comprendre ce qui faisait qu’un livre était bien écrit : la sensibilité, le rythme des événements, la bonne proportion des descriptions, etc.
Je suis généralement assez difficile avec les auteurs, même avec les grands de ce monde et ceux d’avant. En contrepartie, quand je trouve qu’un passage est bien écrit, je n’ai de cesse de m’en émerveiller et de le décortiquer, comme si une analyse approfondie pouvait en extirper, à la façon d’un nez qui jauge un parfum, les composants et leur répartition. Mais la magie des mots demeure la plupart du temps inviolée. Voir ce qui nous gène dans un paragraphe est une chose aisée, savoir pourquoi un autre nous enchante autant est nettement plus difficile.

La description subjective est un outil supplémentaire à mon attirail d’analyste. C’est aussi une ligne de conduite qui m’aidera à mieux écrire.

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 Sujet du message: le méchant lumineux
MessagePublié: 09 Nov 2004, 15:30 
Salut Rachel,

On pourrait sans doute débattre des nuits entières sur l'ombre et la lumière :)
Cela dit, tu as raison, la lumière peut aisément devenir un symbole du mal. Bien et Mal, ombre et lumière... on aborde des sujets très emblématiques dans l'heoric fantasy. Cela nous ramène, je suppose, aux morales naïves des contes de notre enfance et plus prosaïquement, dirais-je, à la peur du noir et de ce qui se cache sous le lit ;)
Pour ma part, je préfère que l'ombre préserve son ambiguïté. Le Souffre-Jour, l'arbre noir qui boit la lumière, n'a jamais été pour moi un symbole du mal. Bien au contraire, je crois qu'il stigmatise l'adolescence (époque à laquelle j'ai ébauché les Crépusculaires) et ses affres, cette envie de trouver refuge dans le noir, dans une obscurité tiède et enveloppante, loin du monde et de ses fureurs. Sans verser dans la psychologie de bazar, il est très clair, pour moi, que le Souffre-Jour incarne cette adolescence. La mienne en tout cas.

Amicalement

Mathieu G.


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MessagePublié: 12 Nov 2004, 20:44 
Hello,

Les affres de l'adolescence...Epoque trouble, bannie de ma mémoire, où commençait à percer l'angoisse de devenir adulte et de prendre des "responsabilités". Grand mot dans lequel les parents engluaient toute une foule de concepts et de choses horribles tels que travail, impôts, courses à faire, ménage, appartement à assumer, etc...bref, toute une vie lointaine, à laquelle on aspirait aussi pour les congés sans les parents, les soirées jeux de rôles sans limite de durée, manger ce que l'on veut, écouter ce que l'on veut...la liberté quoi!

Mais le hic, c'est le prix à payer pour tout cela... Halte, je fais de la philosophie de bazar là... :oops: Plus prosaïquement, on cherchait à trouver une forme de réconfort, de sécurité à s'enfermer dans sa chambre, son univers à soi, dans lequel on avait son royaume et ses rêves...

Le fait d'écrire, de se projeter dans ses rêveries est aussi une forme de réconfort, on retrouve un monde qui ne nous agresse pas, parce qu'on le contrôle du bout de sa plume (ou de son clavier :wink: ). Et il nous emmène sur les chemins de l'imaginaire (je sais ça fait un peu cliché mais moi je me les représente comme un sentier de lumière lunaire) pour nous faire découvrir nos propres paysages intérieurs, d'autant plus intéressant qu'on ne les connaît même pas avant de les décrire...Mais c'est ma vision des choses. As-tu cette sensation lorsque tu écris ou as-tu déjà plannifié les cartes géographiques où vont évoluer tes personnages?

Nouvelle question héhéhé :P :wink:

A bientôt, :wink:


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Modérateur: Mathieu G.

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