Confessions d'un automate mangeur d'opium - Entretien avec Mathieu Gaborit
Confessions d'un automate mangeur d'opium
 
Mathieu Gaborit et Fabrice Colin ont écrit à quatre mains cet exceptionnel roman steampunk. Si vous voulez en savoir plus sur ce livre, regardez donc par ici ! Ce questionnaire a été envoyé à Mathieu Gaborit et Fabrice Colin... Leurs réponses sont indépendantes, enfin normalement... :-)

Pour lire les réponses de Fabrice, cliquez ici.

 
Mathieu Gaborit
 
Mathieu Gaborit


Souffre-Jour : Comment vous est venue l'idée de ce roman, et comment surtout vous est-il venu l'idée de l'écrire à deux ? Comment s'est passée la collaboration, et cela c'est-il passé comme vous l'espériez au début ?
 
 Mathieu Gaborit : Je ne saurais dire exactement quand l'idée est venue. En revanche, je sais où : un petit café juste à côté de Mnémos où Fabrice et moi avions l'habitude de nous retrouver. C'est ce souvenir-là qui marque, pour moi, le début de l'aventure " Confession ". Si mes souvenirs sont bons, l'idée de travailler ensembles est venue avant même le projet du roman. On avait envie de partager notre approche radicalement différente du roman et essayer d'écrire à 2, chose que je n'avais jamais faite auparavant. " Confession " pour moi, c'est d'abord une histoire de potes, de complicité.

La suite nous a donnés raison. J'ai pris un grand plaisir à regarder Fabrice faire, à voir comment il s'emparait des idées qu'on évoquait au café. Chacun de notre côté, on a mis en branle notre petite usine de l'imaginaire pour raffiner le scénario. C'était franchement réjouissant comme exercice. Cela s'est-il passé comme nous l'espérions ? Je ne sais pas. Pour ma part, je n'avais rien anticipé. Je me suis laissé guider par le plaisir. Façon de parler, bien sûr…


Souffre-Jour : Comment se sont passées les premières heures de ce roman : choix du titre, des personnages, du décor, de l'intrigue, et autres ?

Mathieu Gaborit : Tout s'est fait autour d'un café, avec nos éternels petits cahiers d'écolier et nos bics asséchés. Le moteur, ça a été le steampunk, bien entendu. Pour dire les choses simplement, je crois qu'on an aime tous les deux les mêmes choses : l'odeur de l'huile lourde, les reflets du cuivre, les rivets, les dirigeables et les poutrelles effeiliennes. Le reste a coulé de source.


Souffre-Jour : Vous avez choisi de faire évoluer des personnages qui ont existé... Pourquoi ? Et où s'arrête la réalité, ou commence la fiction dans ce foisonnement de personnages, principaux ou secondaires, dans les lieux et les évènements cités ?

Mathieu Gaborit : Les racines du steampunk s'ancrent dans la réalité de la fin XIXème. Lorsqu'on aime cette époque et, a fortiori, le genre, on a du mal à se priver des richesses de l'époque, du contexte et des personnages. D'autant qu'on voulait un roman où le fantastique s'imposerait en légèreté. Une approche du steampunk fort différente pour moi après Bohème qui était un univers bien plus éloigné de la réalité.

La réalité s'arrête là où commence le fantastique, autrement dit la réalité est une source, un socle, une fondation. La réalité rassemble des références qui préparent l'irruption du fantastique, qui l'englobent et l'accompagnent. C'est en cela que des personnages et des décors empruntés à la réalité peuvent soutenir le récit et surtout le crédibiliser. J'aime quand le fantastique se justifie, j'aime, en fin de compte, quand le fantastique devient une réalité. C'est cela qui m'importe lorsque j'écris du steampunk et même de l'heroic fantasy : rendre au fantastique sa part de réalité, le décrire de telle manière qu'il soit cohérent et vrai.


Souffre-Jour : Comment, en pratique, s'est déroulée l'écriture du livre, comment vous êtes vous répartis la tâche (le choix des personnages) ? L'un écrivait un chapitre, puis le passait à l'autre ? Ou bien chacun a écrit sa moitié avant de mettre en commun ? Ou autrement ?

Mathieu Gaborit : Je crois que la principale difficulté a été de trouver la meilleure manière de raconter notre histoire. Ni l'un ni l'autre n'avions une expérience réelle de l'écriture à 4 mains. On découvrait et, avec du recul, je crois qu'on a fait le bon choix. A savoir s'emparer chacun d'un personnage et alterner les chapitres de l'un et de l'autre. C'est à mon sens la solution la moins dangereuse quand on est pris par le temps. Ce roman n'a pas échappé à l'urgence et nous devions, Fabrice et moi, écrire rapidement. Jamais nous n'aurions eu le temps d'écrire chacun une moitié, de les confronter et de procéder à des ajustements fastidieux. Non, il était beaucoup simple d'avoir un synopsis détaillé et de pouvoir tour à tour écrire des chapitres qui se suivaient.


Souffre-Jour : Carte blanche : cette question n'en est pas une. Un espace pour nous dire tout ce qui vous passe par la tête sur ce roman, à quelque niveau que ce soit, sur le roman lui-même ou sur son écriture... Vous avez l'espace que vous voulez, de deux mots à plusieurs pages... à votre guise !

Mathieu Gaborit : Carte blanche ? Hum… Je vais vous parler de ma seule déception sur ce roman. Nous avions crée une logique précise derrière tous les événements fantastiques présentés dans le bouquin. Cette cohérence dont je parlais plus haut. A l'origine, nous avions imaginé que " Confession " pouvait devenir une sorte de feuilleton mais les circonstances en ont décidé autrement. A travers plusieurs épisodes, nous envisagions de dévoiler peu à peu les mystères de l'éther et plein d'autres choses que le bouquin n'évoque pas.

Toujours est-il que nous avons des pistes sérieuses, aujourd'hui, pour pouvoir écrire la suite de " Confession ". De vous à moi, j'ai hâte !
 
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