Soliloques autour de Januel

Quelques exemples d'une méthode qui a porté ses fruits lorsque j'avais le temps de m'y consacrer. Prenez un personnage et faites-vous plaisir à travers un soliloque pour mieux " découvrir " votre personnage. Une sorte d'écriture automatique pour laisser le personnage s'exprimer et vous faire découvrir, peut-être, des détails intéressants. Il m'est arrivé d'épaissir un personnage grâce à cette méthode.

Les Chroniques des Féals - Coeur de Phénix

 

Soliloque du mentor :

Et bien, oui, je l'aime ce garçon. Comme un père. Le sien me l'a confié voilà près de dix ans, parce qu'il ne supportait plus de lire dans les yeux de son fils l'éclat de sa femme. L'histoire de cet enfant est bien cruel. Trop, sans doute, lorsque l'on songe au destin de sa mère, une dryade si douce, si frêle. Je la croisais une fois, en allant au château. Nous cheminâmes ensemble et j'ai le souvenir d'une fontaine, d'une voix aussi frache que les cryptes de nos tours, de ses yeux plus clairs que les ruisseaux de Caladre. Une brise, cette petite, un vent d'automne. Quel malheur qu'elle soit morte dans les bras de mon vieil ami, quel malheur qu'il en fut témoin et qu'il hérite de cet enfant, portrait craché de sa mère. Fallait-il qu'il tienne de sa mère ? Pourquoi n'aurait-il pas eu le visage massif et pétillant de son père ? Non, la forêt l'a emporté sur le seigneur. Et me voilà bien embêté, aujourd'hui, devant cet enfant qui grandit, qui ne cesse de s'affirmer et que les doutes assaillent. Que dois-je dire ? Qu'il doit oublier le chênaie, qu'il doit laisser l'homme l'emporter. Quel sinistre perspective... Mais à encourager l'homme et la Nature, je risque de perdre les deux. Ne vaut-il mieux pas qu'il soit tronqué, qu'il perde le souvenir de la Nature et qu'ainsi il vive... Je n'ai toujours pas la réponse. Encore moins lorsqu'il travaille dans l'atelier, lorsque ses mains - je devrais dire des racines - manipulent les flammes comme les plus grands phéniciers. Il ignore la valeur de son talent, ce qu'il peut devenir au sein de l'Ordre. Il a le coeur d'un artisan et l'âme d'un seigneur. Il se bat bien, et je l'encourage dans ce sens. Il faut qu'il sache perpétuer le souvenir de son père qui coule dans ses veines, dans ses muscles et ce grand corps bien charpenté. Qu'il en fasse bon usage et que son épée serve le phénix. Voilà ce qui m'importe car avant d'être l'ami du père, je suis le phénicier. Je suis son mentor et rien ni personne ne me détournera de mon devoir. Je devrais bientôt céder ma place, m'effacer pour que des flammes plus vives servent le phénix comme nous l'avons fait depuis des siècles. Il est vif, intelligent même si son impétuosité lui jouera sans doute quelques tours. J'ai placé tant d'espoir dans ce petit, tant d'énergie. Je n'ai pas compté ma peine, ni mon temps. Je lui est donné un quart de ma vie pour que la sienne marque l'histoire de l'Ordre. Comment puis-je en douter ? Les féals aiment cet enfant. Leurs flammes se couchent volontiers sous la pression sévère mais juste de ses doigts. Dans quelques années, il sera appelé à la guilde-mère, j'y mettrais ma main au feu. Et ce feu-là, je sais qu'il crépite dans ses yeux, qu'il est acquis à notre cause et que les féals gagneront à lui obéir.

Autre version/soliloque/mentor :

Souvent, je songe à cette soirée froide et brumeuse où un père me confia son fils. Savais-je, à cet instant, alors que les hiboux répondaient aux loups, que je devenais moi-même un père, que j'allais dorénavant protéger cet enfant comme mon propre fils. Non, sans doute n'avais-je pas perçu la force de mon engagement ni les sacrifices que je consentais en silence. Que pouvais-je dire ? Un ami, les yeux tristes, m'abandonnait sa chair. D'autant que ce jeune garçon ressemblait à sa mère, à cette merveilleuse dryade qui s'était éteinte, un matin d'automne, sous les frondaisons de son chênaie. Je lus dans le regard de mon vieux compagnon la douleur que lui coûtait cette séparation. Il souffrait de quitter l'enfant ou de perdre son épouse une seconde fois. Mais je crois qu'il aimait son fils comme un icône.

Mathieu Gaborit

 
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La Gazette du satyre Alraune

Le Souffre-Jour n°7 est sorti !

Il était temps ! (haha !)

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