La Grande Bibliothèque de l'Ordre
J'ai également laissé les notes prises sur une bibliothèque souterraine. Cela me semble intéressant de voir comment se construit une idée, comment elle mûrit pour devenir une réalité.
 
Les Chroniques des Féals - Coeur de Phénix


Songer à sa disposition, à ses enjeux.

En quoi pourrait-elle être un périple. Architecture ? Séries de tours, de coupoles. Immenses couloirs. Galeries souterraines. Effet Eco. Comme des tours carrées, des couloirs circulaires. Oui, une bibliothèque dans laquelle on se déplace via des canaux. Et la conservation des bouquins ? Confier à des ondines, des tritons ou encore des sirènes. Et quelles avantages ? Circulation plus facile, sans doute. L'humidité ronge les livres. Oui, tout le monde le sait mais c'est ainsi que l'on conçut la bibliothèque. Songer à des couvertures en peaux de sirène ou d'ondine. Relié avec des cheveux de tritons. Ce ne serait pas la bibliothèque de l'Ordre mais celles des archivistes chimériens. La plus grande jamais conçue à l'intention de tout les intellectuels du pays. Pas très logique, malheureusement.

On imagine les couloirs en forme de douve, les barques glissant silencieusement sur l'eau au milieu des livres. Des barque noirs, avec des silhouettes emmitouflées qui amarrent leur barque pour s'emparer d'un livre. Des feux-follets guident les visiteurs à l'intérieur de la bibliothèque. Pq a-t-elle été conçue de la sorte => pour empêcher qu'un incendie ne la détruise. Un incendie spectaculaire détruisit la majeure partie des ouvrages et les autorités de l'époque décidèrent de concevoir une bibliothèque sur l'eau afin d'empêcher que cela ne se reproduise. pour ce faire, il fallait trouver un moyen de protéger les livres de l'humidité. Ce seront les étuis, les chrysalides ou encore des insectes " type alien " qui recouvrent les livres en les protégeant d'une sève spéciale. Un peu complexe mais on imagine les rayonnages dans leur gangue biovégétale, des archivistes chargés de gratter les tranches pour que les titres soient lisibles. Régulièrement, d'immenses salles circulaires avec des parchemins dans de petites alcôves avec un nom au-dessous.

Des secteurs entiers de la bibliothèque ont été oubliés ou laissés pour compte. L'insecte a tout recouvert, a tout envahi et a tissé une toile quasi-infranchissable. Il y a également les rongeurs, les rats qui commencent à apparaître. Quand on prend un livre, on l'amène en hauteur, dans de grandes salles sinistres où s'échelonnent de longues tables en chêne. C'est là, à la lumière des torches ou d'une chandelle frontale, que l'on peut lire l'ouvrage.

Donc, le visiteur emprunte une barque, se fait conduire par un passeur, et finalement arrive en présence du livre espéré. Là, il demande à l'archiviste de le prendre, ce que ledit archiviste s'empresse de faire en arrachant l'objet convoité à sa gangue chrysalide. Le livre semble tiède, il est comme neuf. On le ramène à travers les couloirs jusqu'à une salle d'étude. Le soir, à la fermeture, le livre est remis en place par les passeurs => réintègre son cocon. On peut également obtenir un droit de gîte, c-a-d s'installer pour quelques jours dans la bibliothèque.

Mettre en scène de grosses portes en bronze et tout au bout, des écluses qui pourraient immerger un tunnel entier. Les insectes ont été fournis par les basilices. Insectes lents, capables de protéger les livres durant des jours entiers. Renouvellent périodiquement les insectes. Ils sont indolents, se déplacent très rarement et rythme de vie adapté. Cad ?

Non, au lieu d'insecte, remplacer par une structure végétale, quelque chose qui se déplace avec des racines et de la mousse et qui recouvre petit à petit les rayonnages. Se nourrit uniquement du plancton à l'intérieur des canaux ainsi que des rongeurs qui parfois tentent de percer le rideau végétal. Pour s'emparer d'un livre, on utilise de gris ciseaux d'argent, ciseaux qui pendent à la ceinture des archiviste, signe distinctif de leur statut. Il coupe donc les racines, arrache le livre à sa gangue végétale et voilà, le tour est joué.

Passeur habillé légèrement, avec tuniques de soie noire, ciseaux et chapeau noir à large bord. Distinction en fonction des ciseaux. plutôt un stylet dont la lame porte son nom. Pour les phéniciers, le service est gratuit. Sance aura un archiviste à ses côtés durant son installation dans la Bibliothèque; Songer à des lectures publiques, type troubadour, avec duchesses éplorées qui écoutent leurs artistes dans de petites rotondes aménagées le long des couloirs. Ces rotondes sont accessibles par tous. Ambiance crépusculaire, très profonde, très noire, très affaiblie en guide de lumière.

=> qqc de lent, avec des personnages un peu fous. Des dangers dans cette bibli ? Sans doute des quartiers abandonnés, des quartiers oubliés avec une faune très particulière =>

Soliloque d'un passeur

Oh, vous savez, au début, on est fier, on brandit son stylet devant les amis, la famille. On exulte, on se sent si fort, si puissant... Mais faut pas croire. Au bout d'un moment, l'usure s'installe. Elle vous prend pas comme ça, elle s'insinue, elle se coule dans vos os, dans vos pensées. C'est du poison, ce métier. Et j'parle pas du physique, des rhumatisme qui clouent les anciens dans leur barque. Le pire, c'est le clapotis de l'eau. Ce maudit clapotis qui résonne dans votre crâne à chaque instant comme si v'ote cerveau continuait de tremper dans ces fichus canaux. Croyez-moi, je rendrais bien mon stylet si j'avais pas une famille à nourrir. Et quand j'parle de famille, je m'entend. Les pauvres, y'me voient plus. Mais comment voulez-vous ? Y'a pas d'heure quand y s'agit de replacer un livre sur son étagère. Mais non, c'est pas si simple, messire. Faut le reposer et puis faut attendre que les racines le reconnaissent, qu'elles l'acceptent et finalement qu'elles se déploient pour le recouvrir. C'est long, j'vous le jure. Assez long pour que le temps s'écoule comme des pages qui tombent. Lire en attendant ? J'ai pas le droit, messire. Et puis, vous imaginez, c'sertait un cercle vicieux. On attend qu'un livre soit " repris " et on en prend un autre en attendant. Et après, faudra bien ranger celui qu'on a dérangé. Et oui, messire, c'est pas bien humain, ce métier. On est tout seul, on est en soi et c'est par la meilleur chose qui puisse arriver. On a vite le fait le tour de soi. Oui, vite fait. Quelques jours, quelques mois. Qu'importe, par la Chimère. On perd la boule, lentement mais aussi sûre que je vous parle. J'en ai vu, des passeurs qu'ont pas supporté le métier. Des p'tits gars comme moi, si contents de tenir entre les mains le célèbre stylet. Les pauvres, y s'imaginaient pas. Goutte-noir, voyez-vous, c'était le meilleur dans son genre. Des mains de femme : y vous retirait un livre avant que vous ayez vu le stylet tranché la première racine. Jamais un coup de trop, jamais un coup de travers. Un artiste, Goutte-noir. On le respectait, on l'admirait. Les clients demandaient que lui. Y appréciaient son toucher, le traitement qui réservaient aux livres. Y les aimaient, les livres. Faut pas aimer le savoir quand on fait son métier. Il a fait exactement comme vous disiez. Y s'est mis à lire un premier bouquin, juste comme çà, pour voir. Fallait pas qui fasse ça. Non, surtout pas. C'est devenu un cercle vicieux, un vrai problème. Y s'en sortait plus, y dormait plus. Le métier, ca lui nouait les tripes et il imaginait pas laisser un bouquin pourrir pour pouvoir gagner trois tierces de sommeil. Non, il attendait devant. Et c'est comme ça qu'il a perdu la santé. A force d'attendre, à force de ne pas dormir pour que les livres soient bien à l'abri. (il crache par-terre). Moi, j'trouve qu'un livre vaut pas la vie d'un homme. Et le pire, c'est qu'il est mort sans rien dire, sans en vouloir à personne. Un matin, j'ai vu sa barque dérivée lentement du côté du canal d'Asber. Il était à l'intérieur, tout maigre, les yeux exorbités, les lèvres desséchées.Y giseait au fond, les bras ramenés contre un grimoire qu'y tenait tout contre sa poitrine. Vous jurez de ca, vous. Même à la fin, il a essayé de protéger ce fichu grimoire parcqu 'il avait même plus la force de le replacer sur son étagère. J'trouve ca terrible. C'est un monde, quand même, où on peut mourir pour un livre...


Mathieu Gaborit
 
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La Gazette du satyre Alraune

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