Dossier "Prostitution"
 
 
PROSTITUTION & LUPANARS

 


Depuis que l’homme vit en société, la prostitution a toujours été considéré comme un mal nécessaire : celle-ci protégerait l’honneur des jeunes filles et des femmes mariées des ardeurs des jeunes hommes et des célibataires.

Cependant, bien que son existence et sa profession soit légalement reconnue depuis la plus haute antiquité (Mésopotamie, Grèce classique et Rome antique), la prostituée a toujours été tenue à l’écart et obligée de porté des vêtements qui la distingue de la femme « honnête ».  D’ailleurs le terme pute et putain vient du latin putidus (= puant, corrompu, avarié) aussi bien au sens moral que sur un aspect plus charnel (mais bon je vais pas vous faire dessin).

 

 

Codes vestimentaires :

En toute époque et en tout lieu la prostituée n’a pas le droit de porter des vêtements qui pourrait la faire passer pour une épouse honorable :

- Au Proche Orient, le port du voile lui est interdit car elle est par fonction une femme impudique (et ce bien avant Mahomet), de même, elle devait laisser sa chevelure libre.
- En Grèce, elle est obligée de porter une perruque, de préférence blonde, pour qu’on ne puisse pas la confondre avec une épouse
- A Rome, elle doit porter une toge de couleur sombre et non la robe longue des matrones.
- Au Moyen Age en Europe occidentale, elle devait porter un corsage dont le laçage était lâche et une robe découvrant les chevilles.

Le législateur a toujours fait en sorte que tout individu soit à même de pouvoir distinguer une femme honnête et une prostituée, en séparant de façon visible le rôle le femme procréatrice et de l’instrument de plaisir. Contrevenir à cette obligation était sévèrement punis par les autorités : 50 coups de bâtons en Mésopotamie, flagellation jamais inférieure à 10 coups dans la Rome Antique (pour mémoire, le fouet utilisé comme instrument de justice dans le monde romain est une sorte de martinet à longues lanières dont l’extrémité des lanières est garni d’un osselet ou d’une bille de plomb, résultat douloureux et sanglant garanti).

Une exception toutefois : la prostitution liés à des cultes (Aphrodite, Bacchus), les prêtresses portaient les tenues habituelles de leur office.
   

 


Le Lupanar :

Le terme « lupanar » vient du surnom données aux prostituées (louves dévoreuses… loup en latin se dit lupus). La maison de passe est une invention romaine, c’est 180 av JC que le consul Marcus édicta la loi « de licensia stupri » (du permis de stupre), c’est à dire le droit de tenir en lieu précis un commerce de prostitution en employant des esclaves qui était fichées et enregistrées auprès des autorités. Le patron appelée « lenon » devait être le propriétaire de l’immeuble et des esclaves, il encaissait le prix des passes et en reversait une partie à la l’état ou à la municipalité (selon l’époque et l’endroit), en contrepartie, ses « filles » devaient résider dans le lupanar et n’avait pas le droit de racoler au delà de la rue dans laquelle se trouvait l’entrée du lupanar, d’où l’intérêt pour le lenon d’avoir sa « maison » à une intersection. En principe, le recensement des prostituée devait permettre un meilleur contrôle sanitaire et dans l’esprit des conditions de vie supérieur. Ce ne fut que rarement le cas.

Dans les lupanars, ils y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses (si vous me permettez l’expression) : femme et homme, en principe au minimum pubère. Le tarif est fonction du confort et de qualité demandé : pour quelques pièces de bronze on a droit à un grabat en ciment vaguement recouvert d’une couverture plus ou moins propre  dans une pièce sans fenêtre et une prostitué ayant déjà pas mal « d’heures de vol » ou présentant un défaut physique quelconque. A l’opposé, pour une nuit avec une courtisane (prostituée d’une grande beauté, jeune et avec d’autres talents) il faut compter plusieurs dizaine de pièces d’or , mais le confort y gagne : repas, vin à volonté, musique, massages dans une vaste chambre et des coussins moelleux.

La vie dans un lupanar est sordide : les « filles » sont toutes des esclaves, le lenon règne en maître accompagné de gros bras. Parfois, lorsque l’épouse du lenon est une ancienne prostituée (le métier étant déshonorant, il est difficile de faire un mariage honnête), celle-ci est chargé de faire l’apprentissage des jeunes nouvelles et les écrits notent qu’elles sont souvent plus brutales voire plus méchantes que le patron lui même. Les moins jolies et les plus vieilles sont chargés de l’entretien de la demeure (ménage, lessive, service) en plus de leur rôle de prostituée pour les clients les moins riches. Elles sont aussi chargées d’apprêter les plus belles de leurs camarades pour leurs riches clients. Bien de coquettes prostituées trop prétentieuses vis à vis de leurs sœurs moins bien lotis se sont retrouvées éborgnées ou balafrées à l’aide d’une épingle à cheveux et pour elle fini le luxe, direction les cuisines et les chambres d’abattages avec les prolétaires et les esclaves… Ce triste sort attend généralement les filles trop ambitieuses ou trop malignes qui tenterait de prendre la place de l’épouse/concubine du patron ou de se faire racheter par un sénateur ou un riche marchand, l’échec  est douloureux.  D’autre part, comme il s’agit d’esclaves, le maître à tout pouvoir sur elles ou presque… la société romaine s’humanisant avec le temps les esclaves qui furent au début considéré comme de simples objet finirent par être légalement considéré comme des « mineurs à perpétuité », c’est à dire qu’un maître pouvait corriger un esclave à la condition que ce châtiment ne le conduise ni à la mort ni à l’infirmité (mais abobo quand même).

Les enfants dans les lupanars : pas ou peu de moyens de contraception à l’époque, les grossesses sont donc fréquentes et les naissances aussi. Que deviennent les enfants ? cela dépend du lenon, mais le plus souvent  les petites filles sont conservées en vue d’en faire de la main d’œuvre pour plus tard. Le sort des garçons est plus sordide : généralement abandonnés devant un temple quand ce n’est pas jeté tout simplement à l’égoût. Cela nous paraît brutal mais il faut se souvenir que la mortalité infantile est énorme dans les 3 premières années de vie d’un enfant à cette époque que l’infanticide sur un nouveau né n’est pas considéré comme un crime.

 

 

Le Moyen Age :

Malgré  les efforts de l’Eglise pour éradiquer ces pratiques fornicatoires qui sont un pêché mortel, les lupanars continuèrent d’exister tout au long de l’histoire. Les seuls points qui ont changés sont que les filles ne sont plus des esclaves, du moins au sens juridique du terme… dans le cas contraire, le patron risquerait le bûcher car un chrétien n’a pas le droit de tenir en esclavage un autre chrétien. LE patron se doit donc de laisser une partie du prix des passes à la prostituée, que celle-ci – généralement – transforme en bijoux et/ou en vêtements de luxe pour 2 raisons :

- Une apparence plus riche donne accès à des clients plus fortunés
- Cela éveille moins la suspicion du patron d’un éventuel départ de la prostituée qu’une réserve en monnaies sonnantes et trébuchantes.

Contrairement aux idées reçues, on se marie très tard au Moyan Age (21 ans pour les filles, 25 pour les garçons), donc les bordels ou bordaux sont très fréquentés par les hommes dès l’âge viril (16 ans). Par contre il est interdit aux filles de faire du racolage dans la rue. Une prostituée prise en flagrant délit de raccolage est condamné aux peines suivantes :

-    Amende : 8 pièces d’or
-    Peine afflictive : 20 coups de fouet ou de verges
-    Peine  ignominieuse : elle reçoit le fouet nue attachée au pilori en place public. Son patron la porte nue sur ses épaules, de son lieu de résidence au pilori.
-    Peine administrative : bannissement de la ville pour une durée allant de 3 mois à perpétuité
-    Récidive : la prostituée est marquée au fer rouge de la lettre P sur l’épaule puis sur le front en cas de nouvelle récidive, dans ce cas le bannissement est perpétuel avec peine capitale en cas de nouvelle récidive.

Cependant, ce n’est pas un métier malhonnête, c’est juste un métier dégradant, à l’instar des bourreaux et des bouchers. Les prostituées ont le droit de s’établir en guildes et paient l’impôt à l’instar des autres professions. Elles n’ont pas le droit de résider en dehors de leur bordel et doivent se tenir aux derniers rangs dans les églises voire même sur le parvis.  

En plus des prostituées « installées », on trouvent des « itinérantes », c’est à dire des filles de joies qui se déplacent de villes en villes, en fonction des foires et des grands marchés mais à qui il arrive également de suivre les armées en campagne pour « satisfaire les  besoins de la troupe » dans tous les domaine (cuisine, lessive, plaisir…). C’est également pour elle la plus grande chance de trouver un mari et de pouvoir s’établir dans une région où personne ne connaîtra son passé de prostituée. Ces itinérantes pratiquent le raccolage, mais les autorité ferment les yeux du moment que celui-ci se produit sur le champ de foire ou dans les étuves. Les étuves sont la version médiévale des thermes romains, un  lieu d’hygiène et de détente où moyennant une somme ridicule voire même symbolique (souvent on paie selon ses moyens) on peut se laver voire se faire laver, se détendre dans un bain de vapeur,  faire trempette dans un bassin d’eau chaude tout en jouant aux dés ou aux échecs en buvant du vin. Comme dans l’antiquité, c’est le seul endroit où toutes les classes sociales se côtoient (nu ou avec une serviette) et peuvent discuter sans étiquette. Cependant, les multiples alcoves sont un lieu propice aux ébats amoureux, et les itinérantes le savent. C’est d’ailleurs ce côté licencieux qui a conduit à la quasi disparition de ces bains publics au cours du 16e siècle sous la pression des Protestants et de la Contre Réforme Catholique, ce qui ne fit que déplacer le problème : les putes quittèrent les bains pour aller dans les tavernes voire les églises.

Officiellement, les prostituées sont toutes des femmes au moyen âge. La sodomie étant un crime à cette époque, une prostituée « mâle » était émasculé, pendu puis son cadavre brûlé ou brûlé vif histoire de gagner du temps…


 
fee-noire.png

La Gazette du satyre Alraune

Le Souffre-Jour n°7 est sorti !

Il était temps ! (haha !)

Le Souffre-Jour n°7 : Le Temps est désormais disponible sur notre site et dans vos boutiques ! Des conséquence de la Sentence de Janus qui créa le jour et la nuit aux secrets des barrages éoliens des pixies, explorez le temps de l'Harmonde avec la nouvelle équipe du Souffre-Jour !     Lire la suite