Dossier "Les chevaliers"
 


Depuis des siècles, les chevaliers font rêver les jeunes gens, voici quelques éléments qui peuvent permettre de mieux comprendre cette caste très spéciale qui exista pendant 6 siècles (du 10e au 16e) et qui se perpétue encore de nos jour au travers des « ordres nationaux » (Chevalier de la Légion d’Honneur, Chevalier de l’Empire Britannique, Chevalier de la Croix de Fer…).

Comme souvent (toujours ?), les documents sur le Moyen Age sont lacunaires voire parfois contradictoires, ceci n’est qu’une petite synthèse de ce que j’ai pu glaner dans 2 excellents bouquins (La France au Moyen Age et l’Europe de l’An Mil) et de quelques Historia.

 

 

Le Chevalier et son origine sociale :


Contrairement à une légende tenace, le chevalier n’est pas forcément d’origine noble, il y eut même des chevaliers de condition servile, en particulier dans l’Empire Romain Germanique. Les chevaliers forment plus une catégorie socioprofessionnel qu’une caste ou une classe sociale. C’est avant tout une profession, même si le prestige de celle-ci apporte une position sociale enviable et enviée. Dans le principe, n’importe quel homme en bonne santé et ayant un minimum d’intelligence pouvait devenir chevalier à la condition de trouver un « parrain » (noble ou chevalier) qui lui servira de mentor et lui permettra d’acquérir l’équipement nécessaire à sa profession. Etre de naissance noble aidait mais n’était pas une condition sine qua non pour entrer dans cette « profession ».  On peut être chevalier sans être de naissance noble et inversement, un noble n’était pas forcément chevalier, du moins jusqu’à la fin de la Renaissance. Après, le titre de chevalier était généralement utilisée par les jeunes nobles qui n’avait pas encore hérité du titre de leur père ou par les cadets de famille qui servait dans les armées.

 

 

Pourquoi l’apparition du chevalier :


    Jusqu’au milieu du 9e siècle, il n’existait pas d’armée permanente dans l’empire carolingien, seules quelques unités de cavalerie lourde (appelées Scarae) formaient le noyau de l’armée, ils constituaient à la fois l’élite de cette armée, la garde de l’empereur et le réservoir d’officiers impériaux. C’est parmi eux que l’empereur désignaient les gouverneurs provinciaux (comtes, ducs, marquis, connétables…). Le reste de l’armée était constituée par l’ensemble des hommes libres du pays convoqués par décret pour participer aux campagnes selon un système appelé Ban, Herriban et Lantweri. En gros les hommes libres sont divisés en groupe de 4 : 1 pour le Ban, 2 pour l’Herriban et 1 pour le Lantweri. Ce système a bien fonctionné tant que l’Empire était puissant et que les campagnes se déroulaient vers l’extérieur et qu’il y avait du butin à la clef. Les invasions vikings, sarrasines et hongroises ainsi que les guerres entre les descendants de Charlemagne firent s’écrouler le système. Par pauvreté ou par envie d’échapper au service militaire, les hommes libres vendirent leurs terres à de gros propriétaires et devinrent de simple métayer (colons ou serfs) perdant de fait leur statut d’homme libre et donc leur obligation de milice. Le recrutement pratiquement tari, les dignitaires impériaux, qui profitèrent eux-mêmes des faiblesses du pouvoir central pour se maintenir sur des domaines dont ils n’étaient au départ que des administrateurs, eurent besoin d’une force militaire pour maintenir leur pouvoir que ce soit contre les paysans, leurs voisins ou des envahisseurs. Mais aussi d’une force militaire qu’il serait possible de contrôler par autre chose que de l’argent, comme le sont les mercenaires dont la fidélité est toujours douteuse. Au départ, ce furent les frères cadets, les cousins, les neveux qui remplirent ce rôle au nom de la familia (famille au sens large, plus proche du sens romain que du sens actuel) mais le besoin d’une force plus importante fit qu’elle s’ouvrit à des étrangers –toujours au sens familial- que l’on intégrait à la familia au moyens de serments. Par la suite, lorsque la féodalité se mit en place au cours des 10e et 11e siècles, le chevalier passa du rang de membre de la famille à celui de vassal et par la suite la politique du clergé décidé à encadrer la violence et à en réduire les effets pour les « civils » fit en sorte de faire du chevalier un « preux » destiner à servir avant tout la cause chrétienne, mais ce n’était pas sa destination originelle.
    Nommé à partir du 10e siècle par le mot Miles qui autrefois désignait le soldat romain, il a à cette époque le sens d’homme en armes, de cavalier lourdement équipé. A partir du 12e siècle reviendra parfois le terme Eques signifiant en latin le cavalier mais aussi le Chevalier, au sens romain de la classe sociale intermédiaire entre le plébéiens et l’aristocrate, ce qui reste valable mais en y incorporant également les notions des valeurs imposées par l’Eglise.   

 

 

Les différentes étapes de la formation d’un chevalier (à partir du 12e) :


    Un chevalier n’est pas un mercenaire, c’est une vocation (plus ou moins volontaire) qui nécessite un entraînement assez long et avec des étapes précises :

-    Page : débute vers l’âge de 8 ans, le jeune garçon est placé chez son parrain (qui peut être son père) et où il apprend tout d’abord à s’occuper des chevaux, des armes, des équipements et des vêtements. Si la Dame du lieu est assez cultivée et/ou se sent une vocation de mère adoptive, le page peut en plus apprendre à lire, à pratiquer la musique et le chant. Il apprend également à monter à cheval  et à se battre au bâton. La vie est dure pour le jeune page qui doit exécuter sans rechigner les besognes domestiques ordonnées par son parrain et les punitions peuvent aller de la simple corvée de bois aux coups de fouets en passant par le cachot ou la privation de nourriture. Mais, en principe, seul le parrain a le droit de le traiter ainsi, un valet ou un garde qui commettrait l’imprudence de maltraiter un page risquerait gros si le parrain venait à l’apprendre, à moins que le parrain ne soit lui même pas trop à cheval sur les principes de la chevalerie. Corvées et brimades n’ont pour but que d’endurcir le jeune garçon. A une époque plus tardive (14e), le page doit apprendre le latin, le calcul, l’histoire et la géographie.

-    Ecuyer : vers l’âge de 12 ans, il franchit une étape et commence à apprendre véritablement le maniement des armes : épée, écu et lance principalement, mais aussi la masse d’arme, le poignard et la lutte. Il apprend également l’art de la chasse (pas le pistage, mais la manière convenable de reconnaître et de tuer tel ou tel animal), celui de servir les viandes et le vin à la table d’un seigneur et toutes les règles de l’étiquette. Arrivé à ce stade, il est considéré avec plus d’égards qu’un valet, mais il reste malgré tout le larbin de son parrain : il porte sa lance et son bouclier, il entretient les armes et les chevaux, il porte les messages…

-    Bachelier : aujourd’hui on parlerait d’un aspirant. Vers l’âge de 16-18 ans, l’écuyer franchit une étape qui l’amène presque au statut de chevalier. Quand son parrain commence à lui apprendre en particulier l’art de la joute, qu’il l’autorise à l’accompagner à la bataille voire à y participer, qu’il a le droit de porter une épée, mais pas l’épée longue ou bâtarde qui caractérise le seul chevalier. Le bachelier est alors considéré comme un compagnon, un fils spirituel pour le parrain et lorsqu’il le sent prêt à affronter seul les dangers du monde,  il propose à un noble (Comte ou plus haut) d’adouber son  bachelier.

 

 

L’Adoubement :


    Cette cérémonie qui se rapproche d’un rituel de passage à l’âge d’homme a connu de nombreuses variantes au cours du Moyen Age : on passe d’une cérémonie laïque (ou presque) de type militaire à une simple cérémonie de cours en passant par la cérémonie où la mystique chrétienne tient une large part. C’est cette dernière qui a le plus marqué les esprits, elle est codifiée depuis le 13e siècle. Dans tous les cas, cette cérémonie est vécue comme une fête pour le voisinage, et il est rare qu’elle ne concerne qu’un seul chevalier.


    L ‘adoubement  « militaire » :


-    La veille de la cérémonie, le bachelier fait un jeûne léger pain et eau), se purifie par un bain et va se confesser, entend la messe et communie. Il s’abstient de tout contact avec les femmes et  n’écoute ni musique ni chant ni ne regarde des spectacles.
-    Il passe la nuit isolé avec les autres bacheliers à méditer sur les principes de la chevalerie et sur la charge qu’ils impliquent, il peut encore renoncer à son adoubement à ce moment là.
-    Au matin, en compagnie des autres bacheliers, il est présenté par son parrain au prince qui demande aux chevaliers présents si le bachelier est digne de porter le titre de chevalier (simple formalité). Le bachelier prête serment devant Dieu, Saint George et Saint Michel de respecter les principes de la chevalerie. Le prince lui remet l’épée, lui donne le baiser de paix et lui donne la colée (coup violent de la paume sur la nuque ou du plat de l’épée sur les épaules que le bachelier doit subir sans broncher).
-    Le parrain vient alors pour équiper le nouveau chevalier en lui rappelant ce que chaque pièce représente pour un chevalier.
-    Le nouveau chevalier est ensuite invité à montrer sa valeur dans des exercices de cavalerie et des joutes.


    L’adoubement « classique » :

-    La veille de la cérémonie, le bachelier jeûne totalement (ou se limite à prendre du pain et de l’eau), prend un bain pour se purifier le corps et va se confesser pour se purifier l’âme.
-    Il passe la nuit précédent la cérémonie en méditation et en prière et se fait réciter les principes de la chevalerie et les commandement divins.
-    La cérémonie commence par une messe à laquelle les bacheliers assistent devant l’autel et en vêtements blancs symbole de pureté. Le prêtre leur répète alors les principes de la chevalerie et les commandement divins et les exhorte à savoir concilier les deux. Les bacheliers implorent alors Dieu, le Christ, Saint Georges et Saint Michel de les rendre digne de l’honneur d’être chevalier. Ils communient avec le pain et le vin.
-    A l’issu de la cérémonie religieuse, les bacheliers se rendent auprès du prince, s’agenouillent et demandent à être fait chevalier. Théoriquement, le prince est seul décisionnaire sur le fait d’accorder ou non ce statut mais je n’ai pas trouvé de cas où un prince refusa de procéder à un adoubement une fois la cérémonie débutée. Le bachelier toujours à genoux, mains tendues et paumes vers le ciel fait serment de respecter les principes de la chevalerie devant Dieu, Saint Michel et Saint George, le prince dépose alors l’épée (symbole de la justice) entre les mains du bachelier, lui donne le baiser de paix (symbole de charité) puis lui donne la  colée (symbole du poids de la charge de chevalier).
-    Le nouveau chevalier se relève et son parrain vient l’équiper en lui rappelant ce que symbolise chaque pièce de son équipement.
-    Ainsi équipé, le nouveau chevalier doit montrer sa valeur par des prouesses à cheval (quintaine, jeu de l’anneau, voltige en selle) et parfois dans le tournoi qui clôture généralement la cérémonie.

    Seul un prince –c’est à dire un noble haut justicier- peut adouber un chevalier, mais il n’est pas obliger d’en être lui même en principe. Seul un chevalier peut être le parrain d’un futur chevalier.

 

 

La symbolique de l’équipement :
    Tous les principes de la chevalerie se retrouvent dans son équipement :

-    Les chausses de fer : protection des jambes et des pieds / le chevalier se doit de veiller à la sécurité des routes et chemins.


-    Le haubert / cuirasse : protection de la partie supérieure / le chevalier ne doit laisser entrer en lui ni l’orgueil, ni la trahison, ni la déloyauté.


-    Le gorgerin : protection du cou et de la nuque / le chevalier se doit de rester dans l’obéissance aux commandements de la chevalerie.


-    Le heaume : protection du visage / le chevalier se doit de rester pudique et de ne pas s’adonner à la bassesse, la méchanceté, la tromperie et les mauvais conseils.


-    Les éperons : le chevalier se doit d’agir avec zèle et diligence pour défendre les principes de la chevalerie.


-    L’écu : se place entre le corps et les coups de l’adversaire / le chevalier se doit d’être pour son seigneur, son peuple, ses amis comme un écu : il doit faire de son corps un rempart contre les agressions.


-    Le poignard : le poignard est le symbole de l’Espérance, le chevalier ne doit pas se fier à ses seules armes ni à sa force mais en sa Foi et son courage pour affronter l’adversité.


-    La masse d’arme : la masse est le symbole de la force du courage car elle est utile contre toutes les armures et sa solidité est extrême. Le chevalier doit avoir un courage que rien ni personne ne peut briser ni arrêter.


-    L’épée : la longue épée à 2 tranchants est le symbole de la justice qui peut frapper des deux côtés. Le chevalier doit faire en sorte de maintenir la justice et de toujours écouter les 2 versions d’une histoire avant de trancher.


-    La lance : la lance est le symbole de la vérité,  une chose droite qui ne se tord pas et qui va au devant du mensonge. Le fer de lance signifie la force de la vérité, le pennon (fanion) signifie que la vérité se montre à tous sans craindre l’erreur ni la tromperie.


-    La selle : la selle signifie la sûreté du courage, le chevalier est en sûreté sur sa selle et peut faire face à la bataille, le courage rend le chevalier sûr de lui et protégé des vaines apparences et des petites mesquineries. Le chevalier se doit de rester inébranlable devant les petites bassesses comme il doit être inébranlable durant une charge à la lance.


-    Le Cheval : le cheval symbolise la noblesse du courage. Une fois monté sur sa monture, les chevalier est au dessus des autres, le premier en vue. Par le courage, le chevalier se doit d’être le premier à accomplir son devoir et à accourir lorsque qu’un principe de la chevalerie est menacé.


Un homme peut être adoubé même s’il n’a pas suivit le cursus ordinaire, de nombreux chevaliers furent adoubés à la suite de leur vaillance au combat. L’exemple le plus connu fut un roi de France : François 1er fut adoubé chevalier au soir la bataille de Marignan (1515) par Pierre de Bayard, le « Chevalier Sans Peur et Sans Reproche ». Le roi de France Philippe II Auguste adouba une douzaine de sergents après la bataille de Bouvines (1214).

 

Principes et règles de la Chevalerie :


    Ceux-ci ont bien sûr évolués en fonction des périodes, mais grosso modo, le cœur des principes chevaleresque est resté le même :

    Loyauté : le chevalier se doit d’être fidèle à ses compagnons d’armes, à son seigneur, à sa famille en toute circonstance. A la bataille ou à la chasse, il se doit de rester présent jusqu’à la fin pour les soutenir et les aider. Un serment doit être respecter à n’importe quel prix

    Prouesse : le chevalier doit être toujours prêt à relever les défis quel que soit le danger, mais il doit le faire sans esprit de méchanceté ni de vengeance. Il agit par esprit de justice et non en échange de biens matériels ou de richesse. Le chevalier ne cherche pas la querelle et n’engage le combat contre des vilains (tout non noble) à moins d’y être contraint. Le chevalier doit se porter au contact de l’adversaire dès le début du combat sans chercher de détours ni de ruses et choisir comme adversaires les cavaliers et chevaliers adverses plutôt que de se porter au contact de la piétaille.

    Sagesse et Mesure : bien qu’il se doit de rester toujours un combattant d’élite, il se doit de ne jamais céder à la sauvagerie ou au désordre. Le chevalier se doit de toujours agir sans colère, sans haine et rester maître de lui même. Les échecs doivent lui servir à s’améliorer. Il doit toujours faire grâce à un adversaire qui le demande. 

    Largesse et Courtoisie
: le chevalier n’amasse pas les richesses, mais les fait partager à ses amis, ses gens (paysans, serviteurs) et les pauvres. Bien qu’il doivent veiller à entretenir son équipement et ses montures, il ne doit pas chercher à engranger des richesses qui ne seraient pas une reconnaissance des ses prouesses. Il se doit de respecter et de se faire aimer de sa Dame par ses prouesses et sa douceur, il se doit également de la protéger contre tous les dangers et la servir fidèlement.

    Justice : le chevalier doit choisir et servir la justice, même au détriment de ses biens et de ses ressources. Il doit savoir manier aussi bien la pitié et la compréhension que l’épée. Servir la justice uniquement par l’épée est source d’injustice.

    Défense : le chevalier se doit de défendre ses vassaux autant que son suzerain, ses serfs autant que ses compagnons, les étrangers autant que sa famille. Toute personne en péril se doit d’être secourue.

    Courage : le chevalier se doit de toujours choisir le chemin de plus difficile, sans prendre en compte son intérêt personnel. Il doit être capable de faire des sacrifices et ne doit chercher que la vérité et la justice.

    Foi : le chevalier doit conserver intact ses croyances en toutes circonstances, la Foi étant l’ultime armure du chevalier

    Humilité : le chevalier ne doit jamais se vanter de ses propres exploits mais doit le laisser faire par les autres. Il se doit de raconter les exploits de ses compagnons d’armes avant de raconter les siens propres. Le renom se fait par le récits des compagnons.

    Franchise : le chevalier se doit de dire la vérité, la justice ne peut s’appuyer que sur la vérité.

 

 

L’influence de l’Eglise :


    Au cours des 11e et 12e siècle, l’Eglise fit en sorte de canaliser l’ardeur guerrière des nobles et des chevaliers lors des guerres entre seigneurs en mettant en place la « Paix de Dieu » (interdiction de guerroyer pendant les périodes de fêtes religieuses sous peine d’excommunication), en multipliant les fêtes religieuses, en imposant progressivement la « Trêve de Dieu » (interdiction de guerroyer entre le jeudi soir et le lundi matin, sous peine d’excommunication). De même, l’Eglise chercha à canaliser davantage l’énergie des chevaliers toujours turbulents en dépit des principes naissant en y intégrant des préceptes religieux :

I - Tu croiras à tout ce qu'enseigne l'Église et observeras tous ses commandements.
II - Tu protégeras l'Église.
III - Tu auras le respect de toutes les faiblesses et tu t'en constitueras le défenseur.
IV - Tu aimeras le pays où tu es né.
V - Tu ne reculeras pas devant l'ennemi.
VI - Tu feras aux Infidèles une guerre sans trêve et sans merci.
VII - Tu t'acquitteras exactement de tes devoirs féodaux, s'ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu.
VIII - Tu ne mentiras point et seras fidèle à la parole donnée.
IX - Tu seras libéral et feras largesse à tous.
X - Tu seras, partout et toujours, le champion du Droit et du Bien  contre l'injustice et le Mal.

    L’Eglise fit en sorte de promouvoir les valeurs du chevalier chrétien dans l’espoir de « pacifier » les miles les plus rugueux. C’est avec la « bénédiction » de l’Eglise que les troubadours répandirent en Europe Occidentale les chansons de Geste, les légendes arthuriennes et la chanson de Roland.

 

 

L’Amour Courtois :


    « Chaque jour je m’améliore et m’affine, car je sers et révère la plus gente dame du monde. Je vous le dis sans ambages, je suis sien des pieds à la tête, et la froide bise à beau souffler l’amour qui inonde me tient chaud au plus froids de l’hiver » (Arnaud Daniel – XIIIe siècle)

    L’amour Courtois ou Fin Amor apparaît au 12e siècle dans les régions de langue d’Oc. Dans l’Amour Courtois, l’homme célibataire tombe follement amoureux d’une femme appartenant à une classe sociale plus élevée que la sienne. Il s’agit d’une histoire d’amour passionnée sans connotation charnelle (la plupart du temps). L’homme va chercher à conquérir sa Dame par ses exploits et prouesses et en se déclarant vassal de son aimée. S’il ne s’agit pas d’une histoire d’amour platonique à proprement parler, le côté charnel n’interviendra qu’une fois la belle conquise, soumise et épousée. L’Amour Courtois est un thème littéraire qui devint une pratique ludique des élites, mais aussi une sorte de revanche de la femme, une manière subtile d’affronter les hommes dont la conduite sexuelle à cette époque est pour le moins peu maîtrisée.

    L’amour Courtois ne peut s’appliquer que vis-à-vis d’une femme dont la situation sociale est plus élevée que celle de son soupirant. Les contes où le chevalier tombe amoureux de la bergère datent du 18e,  au Moyen Age, le plus poli des chevaliers se contentera généralement de chercher à obtenir la permission de la belle avant de la conduire dans le foin…

 

 

Quelques questions en vrac :


Le chevalier est-il un noble ?
Oui, mais d’abord par ses prouesse avant de l’être par sa naissance. C’est la bravoure qui fait la réputation et donc la noblesse d’un chevalier

Le chevalier peut-il être totalement libre vis-à-vis des nobles installés ?
Non, pas totalement, il garde toujours au minium un lien de vassalité par rapport au prince qui l’a adoubé et un autre pour son parrain.

Le chevalier peut-il posséder un fief ?
Bien sûr,  mais, en principe, il ne cherchera pas à étendre son influence, à conquérir d’autres terres –du moins contre des chrétiens- ou à en acheter. Il se contentera de la gérer et de l’entretenir telle qu’elle est pour subvenir à ses besoins, ceux de ses proches mais on attend de lui qu’il se serve du surplus pour aider les pauvres.

Le chevalier doit-il avoir un blason ?
Oui, c’est le blason qui permet la renommée. Le blason se porte sur l’écu, le pourpoint, les côtés de la selle et le pennon de la lance. Un chevalier –mais aussi un noble- doit être identifié au combat, en principe pour que l’on puisse noter ses prouesses ou sa couardise, mais surtout pour que, en cas de défaite, il puisse être épargner dans le but d’obtenir une rançon.

 
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La Gazette du satyre Alraune

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