Méduses

 

Le décan des méduses est celui dont l’histoire est la plus simple à retracer, grâce aux innombrables archives que celles-ci ont toujours gardées, vouant un véritable culte à la mémoire.
Leurs légendes racontent qu’elles vinrent au monde au plus fort de l’hiver, alors que la Dame se délectait de la beauté glacée de l’Harmonde sous son manteau blanc. Pour célébrer son ravissement, elle se mit à chanter et son chant, réchauffant les cœurs, attira à elle des créatures à sang froid. Parmi eux, la sensualité des serpents la frappa et la Dame voulut y rendre hommage. Elle se mit à sculpter dans la glace et la roche des femmes d’une grande beauté à qui elle offrit un regard dorés comme ceux des vipères. Quand elle leur donna vie, celles-ci ouvrirent les yeux sur les serpents qu’elles apprirent aussitôt à apprivoiser. Elles furent appelées «méduses», terme qui provenait d’un mot ancien signifiant « rencontre » ou « découverte ». Et parce que leur don était d’avoir des songes prémonitoires, elle furent surnommées prophétesses.
Les méduses s’attachèrent plus encore que les autres décans de l’Hiver à leur Dame qui posait sur elles un regard bienveillant. A force d’attention, cet amour devint un culte. Les méduses devinrent les vestales de l’Hiver.
Le culte fut dirigé par la Révérée Prêtresse appelée aussi Matria Honorata. Celle-ci, aidée de cinq de ses sœurs, les Pythonissiyaë, demeurait auprès de la Dame pour veiller à son bien-être. Une des plus célèbres Matria Honorata fut Verazia, dont la froideur vis-à-vis des questions de l’amour profane, qui éloignait la méduse du culte, devint un modèle pour tout le décan.

 

En ces temps, les longues nuits d’hiver permettaient à Noxe de se promener plus longtemps sur l’Harmonde. C’est ainsi que l’Eternel croisa la Dame de l’Hiver, au hasard d’une pérégrination. Les méduses furent les témoins privilégiés de cette rencontre. Noxe fut touchée par la beauté de ce décan accompagné de serpents. Faisant le rapport entre les courbes de leur corps féminin et l’ondoyante silhouette des reptiles, l’Eternel fit un songe où il les vit associées. Ayant pour projet de faire des méduses les compagnes de ses futur enfants, les démons, Noxe voulut les doter d’un moyen de défense contre la violence qui les attendait dans les Abysses. L’Eternel partit alors trouver Verazia et la convainquit de s’associer aux serpents, arguant que ce serait là la particularité du décan. La Dame fut séduite par l’idée et Verazia accepta, devenant la première des méduses telles qu’on les connaît aujourd’hui.

 

La nature des méduses changea, influencée par celle des serpents. Une autorité naturelle vit le jour en elles, nécessaire pour dominer leur dangereuse chevelure. Elles nommèrent cette nouvelle cohabitation le Lien ophidien. Pour achever l’œuvre parfaite qu’étaient les méduses à ses yeux, la Dame leur offrit le don de pétrifier les mortels d’un simple regard. Ainsi, elle donna aux nains l’esprit de la pierre, aux fées noires son âme et son corps aux méduses.
Certains contes sous-entendent que la Dame de l’Hiver fut l’amante de Noxe, bien que rien ne l’ait jamais clairement signifié. Peut-être est-ce de là que viendrait la nature masculine de Noxe, que les décans de l’Hiver sont les seuls à revendiquer. A moins que la Dame n’ait eu d’autres préférences… Peut-être est-ce aussi pour cela que les méduses sont particulièrement curieuses des plaisirs de la chair.

 

La guerre des Décans fit se rapprocher les fées noire et les méduses, qui prirent part au combat côte à côte. Les méduses pétrifiaient, les fées noires animaient les statues. D’autres méduses développèrent l’art du combat.
Quant la guerre prit fin, Noxe était devenue l’Ombre et s’était éloignée de la Dame de l’Hiver. Il est dit que Verazia se rendit alors aux Abysses avec ses suivantes, dans l’espoir de retrouver ce qui avait été cher aux yeux de sa Dame. Jamais elles ne revinrent. C’est ainsi que seraient nées les premières succubes, les méduses des Abysses qui se seraient détournées de leur Dame à force de se fasciner pour l’énigme qu’était devenue l’Ombre à leurs yeux. Chaque méduse de la surface possède depuis son double spirituel parmi les succubes. Cette âme sœur est appelée la Saranaée.

 

Puis vint l’Eclipse, qui comme pour les fées noires fut une malédiction pour le Décan. L’Eclipse désigne un événement dont la plupart des mortels actuels ont oublié la véritable nature, le jour où la Dame de l’Automne rejoignit le Masque en provoquant un déséquilibre majeur. Cette partie de l’Histoire est développée dans le chapitre «Histoire de l’Harmonde». C’est à cette époque que les méduses perdirent leur don de pétrification, un don qu’elles cherchent encore à retrouver. Le Masque le leur déroba et le confia à certains de ses sbires, les forgerons du Pestemétal. Presque aveugles, les méduses se réunirent et fondèrent un pays : les Terres Veuves (cf. chapitre «Les humains»). Elles sont aujourd’hui les seules parmi les saisonins à posséder une nation qui leur est propre.

 

Depuis, les méduses sont devenues de fines diplomates et jouissent des esclaves humains en Terres Veuves. Au bout de quelques années passées aux côtés d’une méduse, un humain devient «médusé» et se soumet alors de bonne grâce à sa beauté. C’est là le secret de l’esclavage au sein de leur royaume.

 
 
Beaucoup de méduses se dévouent à leur pays dans lequel elles doivent trouver un rôle, souvent représenté par une guilde. Beaucoup de méduses y deviennent diplomates, Mères (gérantes d’un domaine des Terres Veuves), Chimériennes (spécialistes des drogues qu’elles tirent de leurs serpents), prêtresses (guilde de Morandhiaze), miliciennes (guilde d’Esayhide), espionnes obscurantistes (guilde de Larezieä), empoisonneuses ou professeur d’éducation Carme. Le terme Carme définie la culture et l’identité méduse. Celles qui s’opposent au régime des Terres Veuves sont appelées les Renégates et sont impitoyablement poursuivies par la guilde d’Esayhide.

 

Chez les méduses, l’amour est considéré comme une maladie contagieuse extrêmement grave. Le sentiment entre en interférence avec le lien ophidien et finit par tuer les serpents. Une fois tombés, des cheveux se remettent à pousser sur le crâne chauve de la saisonine. Les méduses amoureuses sont impitoyablement massacrées pour que la «contagion» n’opère pas. La méduse est malgré cela attirée par les plaisirs de la chair et par les arts, deux des rares éléments capables de toucher leur cœur glacé. A ce titre, une méduse aisée est souvent la mécène d’une cour d’artistes. 
Bien que très rares, les méduses mâles existent : les médusins. La plupart naissent avec des serpents morts et sont réduits en esclavage ou tués, rejetés par leurs sœurs comme des anomalies de la nature. 

 

 

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La Gazette du satyre Alraune

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